Contre-transfert – Stadtsprachen Issue No 13

Jeudi matin, huit heures. Yeux marron, reflets verts dans une heure. Elle a téléphoné il y a trois mois, le 14 février il s’en souvient, c’était juste avant qu’il sorte acheter du vin. Au téléphone elle a dit je sors d’une analyse, j’aimerais continuer en comportemental, vous auriez une place disponible ? Elle avait un accent. Norvégien. Sur sa page web il est écrit qu’il consulte en allemand et au besoin en norvégien. Sa femme est norvégienne, ils ont vécu vingt ans à Bergen.

Il ouvre la porte du cabinet, accroche sa veste au porte-manteau puis son foulard. Il pense à jeudi dernier, la soirée sur la péniche, sa femme, le carré Hermès, elle en rêvait, non, pas d’occasion particulière, tu es belle, l’addition, d’accord.

Huit heures sept. À neuf heures cheveux blonds, blancs depuis le soleil de printemps, casque de vélo, pieds presque nus, vous n’avez pas froid ? Toujours la même réponse : jamais. Sa femme, elle, avait froid jeudi soir sur la péniche. Les bougies, le carré de soie. Il ouvre grand les fenêtres. Le ciel est bleu. Bientôt le soleil dominera les toits, pénétrera la pièce, attrapera la peau de sa patiente, ses cheveux blonds, il espère qu’elle portera un pull, quelque chose de foncé, la semaine dernière son chemisier était transparent. Il espère qu’il sera transparent.

(…)

Lire la suite ici.